21/08/2008

21/08/08 - 10:01

Sympathy For The Devil



"Le Chevalier Noir" fut mon premier blockbuster de l'été. J'ai raté "L'Incroyable Hulk", "Indiana Jones 4", "Phénomènes" et même "Iron Man". En ces temps de disette cinématographique, j'ai donc opté pour "Batman". Connement.

Bon d'accord, c'est une suite. Forcément, le spectateur avait vu "Batman Begins" (quel titre à la noix). Ben pas moi. Du coup, j'apprends que le manoir de Bruce Wayne a été détruit. Ah. Il vit désormais dans un penthouse gigantesque. Le mec est milliardaire et il dort en plein soleil près d'une baie vitrée de huit mètres de haut qui n'a pas de volets. Moi je dis, ce mec est con.

Déjà, le film fait partie des films sans générique préalable. Je hais cette manie : c'est sans doute pour qu'on aille directement dans le coeur du film, pour que le spectateur soit rivé à son siège au lieu d'aller chercher du pop corn. Le générique fait partie de ce moment essentiel où on savoure par avance le début du spectacle. Un peu comme un strip-tease avec les lumières tamisées. Ça mange pas de pain, les producteurs sont pas obligés de faire un générique super chiadé à la James Bond ou Saul Bass (à propos, http://www.generique-cinema.net/ un site sur les meilleurs génériques)

Bref, là, on rentre direct dans le coeur du sujet. Quoi que pour un film de 2h30, c'est un peu se foutre de la gueule du monde. D'autant que la première heure est interminable. Et c'est raté, mon Dieu que c'est raté. Christopher Nolan ne sait pas finir les scènes. Pour "Memento", c'était facile, il avait tout monté à l'envers, ça faisait la blague. Mais là avec 200 millions de budget, ça crève l'écran : il ne sait pas finir ses scènes. Il coupe avant, terrorisé à l'idée que le spectateur trouve ça trop mou. Il est le roi de l'ellipse, mais à ce point c'est grotesque. Visuellement, ça n'a aucun intérêt. Aucune poésie dans les scènes d'action, ou de survol de Gotham City/Chicago : Nolan fait juste le boulot, avec des ordinateurs. Rien à voir avec les deux premiers Batman de Tim Burton, ni même avec "Bladerunner". La scène avec la Bat-moto : ri-di-cu-le ! Comment peut-on gober qu'il fasse autant de cascades avec une moto qui a des roues aussi énormes ?? Hello ?!?

Rarement vu un scénario aussi mal fagoté, avec tout un délire sur le Bien et le Mal, la justice, le pouvoir, quelques clins d'oeil lourdauds sur le contrôle de l'image, les portables, la torture... En fait, "Batman" court après son ombre, et lorgne du côté de James Bond et surtout de Jack Bauer. Oui parce que Batman se ballade sans vergogne dans le bureau de la police, tchatche avec procureur, juge, super flic comme s'il était juste un agent spécial "qui aime bien se déguiser" comme on dit pudiquement d'un travesti fétichiste du cuir. Et cette conclusion débile... Et ces dialogues humoristiques à la fin de scènes d'action... Hello, on n'est pas dans "Die Hard" !

Les acteurs. Christian Balâtre est totalement insipide. Cette voix trafiquée (pour qu'on ne reconnaisse pas qu'il s'agit de Bruce Wayne, ohoh, c'est encore plus fort que les lunettes de Clark Kent !) achève de le rendre ridicule. Il paraît que dans cet épisode, on voit son côté sombre. Il est pas sombre, il cogne juste un peu à poings nus. Mais c'est ce qu'on veut désormais d'un super héros, non ? En plus, cette andouille est raide dingue de Rachel, jouée précédemment par la mère porteuse de Tom Cruise. Excusez-moi mais Maggie Gyllenhaal est moche ! Elle n'est pas HD ready ! Comment faire croire que Christian Bale et Aaron Eckhart (c'est Robert Redford en beau) puissent être aussi accro à cette fille si ordinaire ? Merde, avant, Batman il fricotait avec Kim Basinger, Michelle Pfeiffer, Nicole Kidman, et Uma Thurman ! On est au cinéma bordel, on n'a pas envie de voir sur grand écran des acteurs avec des physiques de pauvre, ou alors on va voir les frères Dardenne.

Passons sur les vieux sympas qui servent de caution morale à la chauve-souris (Michael Caine, Morgan Freeman), ils cachetonnent. Gary Oldman est méconnaissable et son personnage, assommant. On s'en fout des bons flics bons pères de famille, prêts à se sacrifier pour "nettoyer la ville" et sauver son petit garçon (blond, fasciné par Batman, et qui se chie même pas dans sa culotte quand il est sur le point de mourir). C'est tellement premier degré, on dirait que les frères Nolan sortent tout juste d'une école de scénario.

Personnellement, j'ai trouvé Aaron Eckhart assez sexy, même quand il est défiguré (fallait bien trouver une énième excuse pour ne pas quitter la salle). Et Heath "sigh" Ledger vole la vedette à tous les autres acteurs et donne de l'épaisseur à un personnage caricatural. Si bien qu'on s'emmerde encore plus dès qu'il quitte l'image. Et comme il est mort de chez mort, on le verra pas dans le prochain épisode. Je sais pas pourquoi mais je sens qu'ils vont faire jouer Catwoman par Anne Hathaway...

Aaaaaaaaahhhhhh, ça fait du bien de se lâcher un peu. I'm back baby !

11/08/2008

10/08/2008

10/08/08 - 22:55

Goodbye Seventies



Isaac Hayes, l'un des plus grands chanteurs de soul (avec Marvin Gaye et Curtis Mayfield) nous a quittés ce dimanche 10 août. Voilà de quoi terminer en laideur une fin de semaine assez pourrie (et dire que je croyais que recevoir le troisième tiers des impôts, c'était le pompon !).

Isaac Hayes, ce n'est pas seulement "Shaft" ou le personnage de Chef dans "South Park" ou encore son activisme à la Scientologie depuis les années 90. Isaac Hayes, c'était une voix ténébreuse sur des chefs d'oeuvre de soul américaine tels que "To be continued" ou "Black Moses", où les chansons dépassaient souvent les dix minutes. Un dur à cuire romantique qui interprétait de la blaxploitation sensuelle à souhait. Chagrin.

Je ne sais pas ce qui me chagrine le plus : sa mort, ou l'avoir apprise sur jeanmarcmorandini.com...


08/08/2008

08/08/08 - 08:08

Some Velvet Morning



En ce 8/08/08 à 8h08, Marilyn et le moi-même vous souhaitons une excellente journée !



06/08/2008

06/08/08 - 23:19

Am I Living In A Box ?



Hiiiii hiiiiii, j'ai ptet trouvé mon appart.
Du caaaaaalme. J'ai été assez désillusionné ces derniers mois par mes recherches immobilières pour ne plus faire mon enthousiaste (ah le faubourg saint martin, la rue aux ours, sigh sigh). Et puis il est cher cet appart, et pas dans le quartier que je voulais. Hein, voilà on va dire ça. Je suis trop pressé de faire une crémaillère, de faire une bonne grosse fête dans un appart parisien... Mais il n'est peut-être pas fait pour moi (dis-moi que tu m'aimes).

En même temps, quand je l'ai rencontré ce deux pièces de 50 mètres carré (i'm such a size king), j'ai eu un bon gros flash. Le premier truc que je me suis dit "y a plein de couloirs et de recoins, on va pouvoir jouer à cache cache !" Heu. Il est spacieux, il a du cachet comme on dit. OK, il est situé dans une sorte de no man's land du 9ème dans le triangle des Bermudes Blanche-Trinité-Place Clichy. Et le soleil illumine le salon uniquement l'après-midi. Mais il a de la gueule. Hier, c'était le coup de foudre. Aujourd'hui, mon dossier étant plutôt bien parti, je me pose des questions. Le flip de l'engagement. Comme une belle maîtresse qui me tend les bras, mais avec qui l'avenir n'est pas assuré, alors que finalement je suis pas si mal avec bobonne. Hum. Serais-je lâche ? Pourquoi suis-je si pressé ? Ah oui, envie de bouger, d'aller voir ailleurs si j'y suis. Une crise de la quarantaine en avance, autour d'un bien immobilier. I'm free to do whatever I want.



Aujourd'hui, j'ai siroté un Perrier sur une chaise longue en regardant l'Ile Saint Louis en charmante compagnie. Je te dirai n'importe quoi, ce sera bien. Paris au mois d'août, c'est pas mal quand même. C'est un peu lent, lancinant. Pourquoi se presser ? Bang Gang joue ce vendredi à Paris Plage à 19h20 (comme les actualités régionales sur FR3). Drôle d'idée... mais j'en serai.



05/08/2008

05/08/08 - 00:43

Making Plans For Nigel



L'espace d'un week-end, j'ai rencontré deux producteurs fort sympathiques.
En fait de rencontrer, je les ai plutôt découverts. Sur mon écran LCD. Et ils sont américains.

Jusque là, j'avoue avoir été un peu déçu par les producteurs français. De télévision évidemment, parce qu'au cinéma, on peut dire ce qu'on veut, mais s'il y a une qualité dont ils ne manquent pas, c'est bien le courage. A la télé, c'est une autre affaire. Mais c'est le système français qui veut ça, les producteurs télé sont complètement dépendants des chaînes parce que ces dernières coproduisent. Elles imposent finalement tout et les producteurs sont obligés de suivre. Impossible (ou presque) dans ces cas de "secouer les cocotiers" (private joke). Non pas que je rêve qu'il y ait un producteur qui veuille mettre en chantier "Six Feet Under : the french generation" mais parfois j'aimerais juste rencontrer un producteur télé un peu dingue, couillu, qui tape du poing sur la table pour dire "c'est comme ça et pis c'est tout ! merde !", bref un mec ou une nana pas trop frileux-se, avec un vrai point de vue, du goût, du courage. Pas quelqu'un qui veut juste remplir des cases.
Parce que moi, tout petit scénariste, j'ai bien du mal à soutenir mes projets tout seul même quand je sais que bordel, ça pourrait faire une chouette série, nom d'une pipe !

Mais ce week-end, ô joie, j'ai rencontré virtuellement deux producteurs épatants.

D'abord, Robert Evans (le mec à côté de Roman "je t'aime d'amour" Polanski), producteur de "Rosemary's Baby", "Love Story", "Le Parrain", "Chinatown", "Marathon Man"... Grand bonhomme. Génial documentaire qu'est "The Kid stays in the picture". Et nous, qu'est-ce qu'on a fait pendant ce temps ?



Le deuxième, c'est Larry David, à la base créateur-scénariste-producteur-millionnaire de "Seinfeld" et qui a créé, écrit, produit, joué son propre rôle dans cette excellente série qu'est "Curb Your Enthusiasm" (cache ta joie). Le mec personnifie l'art de se foutre dans la merde en étant désagréable ou maladroit vis à vis de connards finis vivant à Los Angeles. C'est la sitcom la plus drôle, la plus fine depuis "The Larry Sanders Show". Et pratiquement tous les dialogues sont improvisés. Un rêve de scénariste feignant (pléonasme).



A propos de Los Angeles, quelqu'un a vu "Model Shop" de Jacques Demy, sorte de suite à "Lola", réalisée en 1969 ?
Et surtout, quelqu'un l'a en DVD ou VHS ? Je ne l'ai jamais vu. Ce serait une bonne façon pour moi de boucler la boucle. Quoique non, la boucle n'est jamais bouclée. Je suis fait pour les loopings, les grands 8. Toujours prêt à faire un nouveau tour de manège. Toujours !

Et puis non, les histoires ne meurent jamais. Les personnages, encore moins. Qui sait, un jour, on retrouvera peut-être l'un des héros des Chansons dans un autre film. Jeanne la vieille soeur (mais c'est peut-être déjà le cas) ou Alice. Alice through the looking-glass. Darkly ?




01/08/2008

01/08/08 - 19:03

24 Hours From Tulsa



Recette d'un week-end parfait :

- rien à faire niveau boulo, pas de deadline pour lundi 9h
- des amis à voir en toute improvisation
- une ballade nonchalante avec un bel homme
- une expo, un film, un verre à partager
- une chanson sur laquelle danser et s'enivrer
- des taxis disponibles après deux heures du matin
- un temps de rêve

Bon, pour le soleil, c'est un peu râpé...
Tant pis, nous ferons ensemble ce qui est interdit, nous irons ensemble à la buvette... Ben tiens !



Heather Matarazzo et sa copine Carolyn vont se marier. A priori, on s'en fout mais on parle quand même de Dawn Wiener, l'héroïne de "Bienvenue dans la maison de poupées", un film majeur des années 90. Et puis, je les trouve super mignonnes toutes les deux.



J'adore l'album de Cut Copy, trio d'australiens à mèche. Bon, quand on les voit comme ça, on peut les trouver prétentieux. Mais ils ont beaucoup d'humour. La preuve, y a un titre "Hearts on fire", avec des nappes de synthé très "Neverending story" et des petits cris "aow ! ooh !" tout droit sorti d'un morceau des Pet Shop Boys des années 90. Oui, dit comme ça, ça peut faire peur. Mais c'est très bien, très sautillant. Put on your red shoes...