30/07/2008After You, Who ?
Bon alors, "Après Lui" de Gaël Morel. Ça fait un bail que je devais le voir ("un admirateur de Catherine Deneuve n'a pas le droit, ne peut pas se permettre d'être médiocre... en tous cas, moi je ne le pourrais pas") mais à sa sortie, il y avait "Las Canciones de amor", je pouvais pas tout faire.
J'ai vu. J'ai pas aimé, j'ai pas détesté. J'ai pas accroché, mais j'ai pas non plus décroché.
C'est un peu comme pour Lyon (où l'action se situe), j'arrive pas à avoir un avis. C'est un film un peu hybride, à croire qu'il a été écrit d'une façon et tourné d'une autre. Les meilleurs moments sont les passages de suspense psychologique, quand on se dit " 'tain mais qu'est-ce qu'elle veut Deneuve là ??", quand on se demande comment ça va finir. Pendant toute la vision du film, j'ai imaginé une version hitchcockienne, une sorte de "Rebecca" du point de vue de la gouvernante. J'ai aussi pas mal pensé à "Vertigo" : Deneuve est souvent filmée de dos, son chignon me faisait tout le temps penser à Kim Novak.
J'avoue avoir ri au mauvais moment (quand elle veut refiler un scooter sur un pont, elle fait très camelote), mais j'ai eu aussi la larme à l'oeil au tout début. Les mélos, parfois c'est efficace. Je me ferai bien un Douglas Sirk...
29/07/2008Summer Nights
Vu hier soir sur Arte "La Notte" d'Antonioni. Bon, c'était en vf et le format était pourri (arte est passé en 16/9ème mais pas Noos, du coup j'avais l'impression de regarder une VHS ntsc), mais je me suis pris une bonne claque ! Jeanne Moreau, Marcello Mastroianni, Monica Vitti le temps d'une journée et d'une longue nuit dans un Milan peu à peu ravagé par le modernisme. Des scènes d'une beauté renversante comme l'allumage de feux d'artifice, le parc au petit matin, cette longue fête mondaine, élégante, creuse mais où tout peut basculer...
Il y a aussi ce long passage hypnotisant dans le cabaret où une danseuse black fait tout un numéro de contorsion avec un verre de vin. Et pendant ce temps, le couple Jeanne - Marcello qui n'a plus rien à se dire. Terriblement beau !
A propos de Milan défigurée, Françoise Hardy avait repris en 1966 "Il Ragazzo della Via Gluck" d'Adriano Celentano qui parlait de ça justement. C'est devenue "La Maison où j'ai grandi", mais elle l'a chantée en italien aussi. Tiens ça me fait penser, faut que je revoie "Masculin Féminin", j'avais complètement oublié qu'elle y apparaît. Problème : mon amule (sur Mac) ne marche plus, je n'arrive pratiquement plus à télécharger... Que faire ? Non, ne me conseillez pas de me mettre sur PC pour autant, je ne suis pas à ce point désespéré :-)
25/07/200824/07/2008The Ballad Of Lucy Jordan
C'est comme ça qu'elle aurait dû appeler son film Zoé Cassavetes, "The ballad of Lucy Jordan" : "at the age of thirty-seven she realised she'd never ride through paris in a sports car with the warm wind in her hair." Mais le double sens de "Broken English" va parfaitement à l'héroïne. En tous cas, Marianne rules ! Elle ne joue pas dans le film, mais il y a Gena Rowlands et Bernadette Lafont (au départ, c'était Jeanne Moreau qui était pressentie).
J'ai donc vu "Broken English", un an après Pheel. C'est pas mal, une comédie romantique lente, autour d'une Bridget Jones mince et triste. C'est pas toujours très enlevé, mais c'est sincère. Et Melvil Poupaud est extrêmement raah lovely.
Et puis il y a Parker Posey. J'adore Parker Posey. "House of Yes", "The Daytrippers", "doom generation", "Clockwatchers"... Ça me rappelle mes années de vache maigre quand je courais la pige et les projos au Club de l'Etoile. Parker Posey, c'était la reine des films US indés des années 90 avant que ce genre ne soit absorbé par tous les studios. A part "Scream 3" (où elle parodiait génialement le personnage de Courteney Cox), elle a continué son petit bout de chemin dans la zone art et essai. J'avais suivi de très près en 1998 un film franco-américain appelé "Les Mésaventures de Margaret" où elle tenait le premier rôle. Le scénario était génial, le film un désastre. Je ne l'avais pas revue depuis "The Anniversary Party" le film co-réalisé par Jennifer Jason Leigh (sigh..). Flûte, sur sa filmo, y a marqué qu'elle a joué dans "Superman returns" et "Allumeuses !", personne ne m'a tenu au courant.

Ce fut une chouette matinée. 10 heures, rendez-vous au Zimmer avec un producteur. On s'est pitchés des trucs. On verra bien, c'est comme les premiers rencards avec un éventuel amoureux, on peut croire que ça part bien alors que c'est pas du tout réciproque. Ensuite, j'ai filé pour visiter un appartement rue des tournelles. Joli coup de coeur, c'est calme, clair, la cour est super belle, l'appart fait l'effet d'une maison.. Depuis, j'attends des réponses, pour le prod, pour l'appart... Ne me laisse pas accroché au téléphone, comme dit la chanson.
Je continue mon cycle Françoise Hardy. Ouais je sais, je me prends pour blowupdoll.com et filles sourires... Sharleen Spiteri lui rend hommage dans son album solo, avec sa chanson "Françoise". Hommage, hommage... pillage oui ! Ça ressemble très fortement à ma chanson préférée de F. Hardy, "Voilà". Jugez par vous-même ! Mais bon, c'est pas si mal que ça. En plus, j'ai mis la version italienne, parce que je sais que dans le noir, là, y a des fans.
Au fait, a-t-elle chanté en japonais ?
21/07/200820/07/2008Ce Mortel Ennui
Je m'ennuie. Ça faisait très longtemps que ça ne m'était pas arrivé. De nos jours, quand on vit à Paris, et qu'on dispose de toute la technologie moderne, il est vraiment difficile de ne pas trouver à s'occuper.
Et bien moi, depuis hier, je glande comme jamais, je ne fais rien, je lis à peine, je reste affalé sur mon canap' ou mon lit, les yeux plongés sur le jardin ou le plafond en me disant "..'tain, je fous rien, c'est booooooon".
Il y a une heure, je me suis demandé ce que je foutais, je commençais à culpabiliser, faut que je m'active, tu vas le regretter, tu pourrais relancer Vincent pour cette ballade improvisée qu'on aime tant, ou te mater "Sérénade à trois" ou te plonger dans cette nouvelle de Tennessee Williams "Le Poulet tueur et la folle honteuse", achetée hier. Au lieu de ça, je papote (comprendre : draguouille) sur internet et j'écoute une compile à boire et à manger (comprendre : une compile des Inrocks).
Dehors, il fait chaud. Tout ça me rappelle fortement ces journées d'été dans la maison familiale en Dordogne (à Villamblard exactement, entre Mussidan, Bergerac et Périgueux) quand j'avais huit ans. Je m'ennuyais légèrement mais comme me disait ma grand-mère, c'est bon de s'ennuyer de temps en temps. Je bullais dans ma cabane installée dans un figuier, ou je me balladais du côté de la palombière. Je relisais "Strip tilt" ou je tannais mon frère et mon père pour jouer au whist. Il n'y avait rien à la télé, sauf cette horreur qu'était "Croque Vacances" (Claude Pierrard m'a toujours gêné, maintenant je sais pourquoi). J'aimais bien "Les Arpents Verts" avec Zaza Gabor, qui fut quelque part la première Patsy Stone. Mais c'était à peu près tout.

De temps en temps, en guise de bouche-trou (comprendre : parce que Denise Fabre n'était pas sortie à temps de salle de maquillage), TF1 diffusait "Love is all" de Roger Glover (un ex de Deep Purple). Ça me fascinait et me répugnait en même temps, toutes ces bébêtes immondes qui dansaient sur cet air babos. Je détestais ce dessin animé mais je regardais jusqu'au bout, jusqu'au moment où les deux papillons s'embrassent.
La chanson, finalement, n'est pas trop mal, surtout ré-arrangée par Gonzales. Va falloir que j'écoute davantage ses disques, j'aime toutes ces productions.. Cool, je me suis trouvé une nouvelle occupation.
Si vous voulez voir à quoi ressemble Elizabeth Teissier en 2008, cliquez ici. Ames sensibles s'abstenir.
17/07/2008"... plus rien à faire du tout... "
Oh la la, la vie l'été c'est n'importe quoi.
J'ai décidé de rien foutre. Une dame s'occupe pour moi de ma recherche d'appartement. Elle a un look ahurissant : c'est Josiane Balasko en 1980 version tenniswoman.
J'ai pourtant essayé de faire quelque chose de constructif : copier des vhs sur des dvd. J'y arrive pas, j'enregistre toujours des conneries sur Paris Première à la place. Stop. Glandouille time.
Je fous rien, à part regarder des films. Hier, c'était le dernier film des frères Larrieu, "Le voyage aux Pyrénées". Oui, je sais. J'y suis allé en traînant des pieds, y a tellement rien au ciné en ce moment. Super surprise ! Du grand n'importe quoi : c'est un film hétéro-queer. Y a toute une allégorie sur l'amour des ours, une Sabine Azéma en actrice nymphomane, un massage au chocolat, un twist improbable mais super bien mené, Darroussin dans le rôle d'André Dussollier, des paysages sublimes, Philippe Katerine en moine, une liberté de ton totale... Bref, du Resnais vraiment drôle. Allez-y !
Et puis "Assurance sur la mort" de Billy Wilder. Ah, Barbara Stanwyck, l'une des toutes premières femmes fatales du cinéma. Ces gros plans face caméra quand son mari se fait zigouiller ou quand elle tire sur son complice, inimitable.
Côté lectures, y a du bon et du mauvais. Des journaux débiles, quelques pages de DoggyBag saison 1 (j'accroche vraiment pas à Djian). En revanche, "Echo Park" de Michael Connelly, miam. Un bon polar sur la corruption de la justice américaine.
En télé, ce soir, c'est la totale. "Pas de secrets entre nous" (il se passe RIEN, c'est dramatique), "Plus belle la vie" et là, sur NRJ 12 "Chérie, je change de famille", la version originale de "on a échangé nos mamans". Un must absolu de télé-réalité ! Les répliques cultes, mal doublées, s'enchaînent : "je ne suis pas alcoolique", "son problème, c'est qu'il est idiot", "il y a un MacDo dans le coin ?", "elle m'a semblé gentille jusqu'au moment où elle s'est mise à parler", "quand mon père m'a dit qu'on allait à l'aquarium, ça m'a vraiment contrarié", "Il est un peu neuneu mais marrant", "si j'étais Katy, je m'enfuirais !", "Jennifer n'est vraiment pas des nôtres", "toute ma famille a un gros cul", "Drew est vraiment très gentil, j'espère qu'il finira pas comme son père...". Avec un peu de chance, je vais pouvoir enchaîner sur "Reloooking extrême".
Et musicalement, le dernier Christophe. Ça prend un peu de temps pour accrocher, c'est assez dense, très cinématographique, exigeant. J'aime.
Paris, Paris
Une semaine de wacances, comme ça au débotté, j'suis trop fort !
En fait, non, c'est pas de mon plein gré, encore des histoires de planning modifié au dernier moment. Ça saoule un peu mais je commence à être habitué. Dans ce métier, les RTT, les cinq (six ?) semaines de congés annuels ne sont que des mirages de la vie. Quand y a du boulot, faut être là, quand y en a pas, on peut partir. En fait, si on veut vraiment partir en wacances, il faut avoir des obligations genre un mari, des enfants. Là, on peut plus reculer. Moi ça va, c'est pas encore mon cas, je peux toujours me faire rembourser mes billets d'avion et repartir quand ça me chante. Si ça me chante.
Donc, une semaine off plus tôt que prévue. Chouette ! A moi, les séances ciné à 12h, les terrasses désertées, les bouquins en retard, les "Montmawtwe ? Right this way !". Et à moi aussi, la recherche intensive d'appartement. Je suis au taquet !
Le vrai hic dans cette histoire de planning modifié, c'est que je ne pourrais définitivement pas me rendre chez Barbara à Carpentras. C'est dommage, elle a une super piscine. Il me reste Paris Plage. Ouais, bof.
De toute façon, les scénaristes et les piscines, ça n'a jamais fait bon ménage...
14/07/2008Country House
Un week-end à la campagne, à deux heures de Paris. Une maison avec plein de chambres, loin de tout. Une verrière. Un terrain de tennis. Un champ. Un début de bois. Le portable qui passe pas. Des gens qui ne se connaissent pas tous, réunis pour fêter des anniversaires. Tout était en place pour faire de ce week-end le terrain idéal pour un film d'horreur matiné d'Agatha Christie. Il ne manquait que la piscine et la cave.
J'étais un peu inquiet dans la voiture, à l'idée de passer deux jours à la campagne. Surtout que dans la région, c'est vert. Vert, vert, vert. Ambiance "Shining" garantie ! J'avais prévenu, si je découvrais un labyrinthe dans la propriété, je partais au courant. Mais je visualisais aussi de nouveaux scénarios... Voyons, qui pourrait-on tuer ? A quelle heure ? Dans quelle pièce, avec quelle arme ? Stoooooop ! C'est wacance, alors on se calme et on boit frais de la gaudinette.
En fait, la maison n'avait rien de kubrickien. Non, on louchait clairement du côté de Claude Sautet. Certains jouaient au volley-ball ou au baby-foot (jeunes quarantenaires oblige) tandis que d'autres parlaient boulot ou crèche (info : à la rentrée, les tarifs des crèches parisiennes augmenteront de 38%). D'autres encore se trémoussaient sur Chemical Brothers ou les Rita. Devinez dans quelle catégorie je me trouvais.
C'était bien, c'était chouette. Mais alors les taupes qui bouffent le gazon, c'est juste pas possible. Je suis resté digne, mais ce fut juste. Merchi Dudulle pour ce week-end champêtre et champagne !
11/07/2008"... je ne comprends que les caresses..."
Journée morose sur Paris, j'ai très envie de retourner au lit !
L'été à Paris, ça peut être très réussi. Les rues sont moins encombrées, les téléphones sonnent moins souvent, on prend le temps de vivre, de flâner, tout en guettant avec envie les cartes postales des amis.
Cet été parisien sera, j'en suis sûr, productif. Chiche qu'à la rentrée j'aurai un nouveau chez moi, et de nouveaux projets d'écriture. Tant pis pour le bronzage, c'est mauvais pour la peau.
Vu enfin hier "Bande à Part" de Godard, pas mon préféré, mais qui révèle quelques instants de grâce autour d'une soirée Place de Clichy : une ballade en métro, une dame qui boit tout droit sortie d'un tableau de Hopper, et Anna Karina qui chante...
C'est agréable de voir un film où Claude Brasseur jeune "remporte" la fille au détriment de Sami Frey.
Ah et puis évidemment, il y a la fameuse scène du Madison ! Presque de quoi donner envie de retourner au "Tango"..
L'été sera-t-il chaud dans les tee-shirts, dans les maillots ?
Avec Brigitte Lahaie, c'est possible. Merci au labo de Libé !
02/07/2008Freedom
C'est moi ou deux heures plus tard, j'en ai déjà marre de la libération d'Ingrid Bétancourt ?
Christine Albanel, elle, n'a toujours pas été remise en liberté, et tout le monde s'en fout. La pauvre. The Boys Of Summer
Cinq jours à l'Ouest, au bord de mer, sous le soleil exactement. Un temps de rêve, et des journées entières passées à l'océan, à regarder d'un oeil distrait les surfeurs et autres MNS (maîtres nageurs sauveteurs.. de vraies petites friandises oculaires). Résultat : j'ai bouffé non stop des sandwichs au sable et j'ai pris plein de coups de soleil.
Ce que j'aime le plus, c'est le TGV désert du retour. Chaque année, je me regarde un film, pêché sur internet. Cette fois-ci c'était "Le Dernier Jour" de Rodolphe Marconi. Un film passé complètement inaperçu fin 2004. Pourtant l'affiche fait saliver : Nicole Garcia et Christophe Malavoy, parents de Gaspard Ulliel, avec Mélanie Laurent et Bruno Todeschini dans le rôle des intrus.
Résumé (très subjectif) en images.
Ça se passe sur l'île d'Oléron en décembre. Il y a tout : l'humidité, le vent, les mornes routes, le phare, les mouettes, les maisons sans télévision... De l'ennui surgit une passion paisible, jamais là où on l'attend.
Un film complètement dépouillé, sans enjeux clairs, sans personnages bien distincts, sans problématique clairement énoncée, sans dialogues surlignant l'action... Un film qui ne livre pas tout, qui a des défauts, des maladresses, qui prend son temps, qui le perd aussi pour mieux nous gagner.
Un bon film français de cinéma quoi. Et pétard, le Gaspard Ulliel, j'étais pas spécialement fan, mais alala, il est vraiment talentueux. Idem pour Mélanie Laurent, bien meilleure que dans cette daube qu'était "Je vais bien, je fais caca".
A quand un vrai beau film se déroulant au Cap-Ferret ? Les pins, les maisons de pêcheurs, les maisons de vacances années 50, un surfeur, les rouleaux de l'Atlantique... ça pourrait faire un beau film.
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