My Number One
Hier, j'ai regardé la spéciale "Grand Journal" où Ségolène Royal était la rédactrice en chef.
Je suis atterré par ces nouvelles émissions politiques où les journalistes sont tour à tour les "vrais Français" ("J'ai une question à vous poser", "A vous de juger"...) ou sont incarnés par le candidat lui-même (les rendez-vous du lundi matin sur Inter, cette série du Grand Journal...). La politique est vraiment traînée vers le bas par les médias, pour une simple question d'audimat.
Je doute fortement que Mitterrand, Chirac ou même Jospin aient accepté ce genre d'exercice, qui rabaisse un-e candidat-e à l'élection présidentielle au rang de simple animateur-trice. Mais il y a quelques semaines, Bayrou (prêt à tout pour se montrer) a accepté la fausse bonne idée de Canal. Vu qu'il montait dans les sondages, Sarko puis Ségo ont donc suivi. Pour Sarkozy, ce n'est pas très étonnant, il connaît bien Denisot (ils ont écrit un bouquin ensemble). En revanche, j'étais étonné que Ségolène Royal accepte. Certainement, l'anxiété de ses conseillers a dû jouer.
Ce que j'apprécie chez Royal, c'est qu'elle n'est pas narcissique. Elle ne cherche pas à séduire comme les deux autres qui sont, il est vrai, beaucoup plus doués qu'elle à l'oral. Elle est apparue un peu raide, n'a pas fait semblant d'être moyennement à son aise pour lancer les sujets ou la météo. On voyait bien que ce n'est pas une "bateleuse". Elle n'en a pas fait des tonnes pour se montrer sympa, enjouée. Les petites phrases, pas son truc. Elle a eu le temps de développer ses idées, de montrer sa détermination, ses certitudes. Bref, elle a joué le jeu tout en gardant une certaine distance. Elle ne s'est pas prostituée.
L'audience a suivi.
L'émission a permis à Canal de réaliser sa meilleure audience sur cette case horaire depuis sa création, en 1984.
La seconde partie de l'émission a été suivie par 2,5 millions de téléspectateurs et 9,8% de part de marché, avec un pic d'audience à 4,2 millions de téléspectateurs à 20h50.
Pour mémoire, Bayrou avait rassemblé le 5 février 2,1 millions de téléspectateurs et 7,7% de part de marché.
Sarkozy, le 3 mars, avait rassemblé 2,2 millions de téléspectateurs et 9,3% de part de marché.
Mais ce ne sont que des chiffres d'audience.
09/03/07 - 12:51
je ne sais pas si je suis d'accord avec ta description de ségolène royal, mais j'espère que tu as raison. par contre je suis pour que les politiciens descendent dans les émissions "populaires", ça les descend de peu pédestal (après tout tout le monde le fait, les meilleurs comme les pires, et nos futurs dirigeants sont des citoyens comme les autres) et c'est ce que la politique française avait besoin pour se réconcilier avec le "peuple" : un peu de... démagogie et matraquage médiatique à gros coups de plans de com ??? c'est le prix à payer pour que les gens se ré-interessent en masse à la politique, pour réduire l'abstentionnisme et réduir ainsi le pourcentage lepéniste aux résultats....
dave9