Alors voilà, mon petit feuilleton France Culture, "Les Bonnes Résolutions" a enfin été diffusé. Gloire et vanité, et surtout une super expérience.
Cinq épisodes de 7 minutes, qui suivent la vie de trois personnages durant cinq réveillons, entre 1986 et 2006, entre 20 et 40 ans. C'est podcastable ou écoutable directement sur le site de France cul, via les liens ci-dessous.
"... les prénoms qu'on retient, les promesses qu'on oublie..."
Depuis que j'ai un boulot stable (enfin, pour quelques mois, la suite, on sait jamais dans ce métier), je mène une vie presque ordinaire. Je travaille du lundi au vendredi, je prends le métro, je déjeune avec mes collègues, je galère pour faire les courses et gérer les tâches administratives. Les semaines sont intenses, le travail se poursuit parfois le soir, souvent le week-end.
Dès que j'ai un peu de temps libre, je n'en profite pas pour lire ou travailler sur d'autres projets. Non mon cerveau est cramé, il n'est plus disponible. Je glande la journée et la nuit, je sors. Je m'aère l'esprit, je danse, je bois, je rigole, je drague et je me couche tard, très tard. Je comprends mieux maintenant l'attrait du week-end chez ceux qui ont un job harassant ou qui sont "cantonnés à des travaux bien peu passionnants" : rien de tel que de se vider la tête. Destination anesthésie.
La vie de clubbeur n'est pas si simple qu'elle n'en a l'air. Dès que les 23 heures - minuit s'approchent, on se pose de graves questions, quasi existentielles. Quel t-shirt porter ? Quelles chaussures ? Quel alcool faut-il choisir (pour éviter les mélanges malheureux) ? Puis il y a les problèmes de logistique : dernier métro ou taxi ? 2 heures la rush hour ou trois et demi ? Billets ou carte bleue ?
Sur la piste de danse ou accoudé au bar, je m'amuse tout le temps. Je sirote ma conso et j'observe le bal. Les couples qui se forment, les danseurs dépités, les grandes déclarations d'amitié, les sourires qui en disent peu, l'ivresse, la liesse, les plaisirs d'artifice, le coeur qui bat à 140. Ce soir, on fait la fête.
Loane est ma chanteuse préférée du moment. Oui, je sais, je parle comme une gamine de 12 ans.
Son album "Le Lendemain" ne marche pas encore des masses et c'est injuste, car voilà enfin une chanteuse qui ne fait pas que guitare et voix, qui a un vrai sens de la composition, de la production, et les textes parlent différemment de la vie des filles. Bref, c'est pas Mélanie Laurent. Dans "Boby", Loane parle avec justesse du monde de la nuit, des filles qui partent en boîte, qui se vident la tête, qui attendent un petit mieux dans leurs vies de parisiennes tout juste trentenaires. Les promesses qu'on retient, les prénoms qu'on oublie. "Boby" c'est un peu la version 2011 de "Amoureux solitaires", nostalgique et enchanteur, on sourit mais c'est triste, un vrai moment de cinéma. La meilleure chanson de l'année. Victoire, victoire !
Pour relancer son album, Loane sort une nouvelle version de "Boby" avec Christophe en featuring. Au début, je trouvais ça dommage, mais c'est juste différent. Et la voix de Christophe apporte un truc en plus. Le clip est réussi, la fin m'a même cueilli. Ça me fait penser à Alain Lubrano qui avait sorti "Même si ça fait mal" dans l'indifférence générale. Il l'avait ré-enregistrée en duo avec Françoise Hardy, et c'était devenu un tube. Je souhaite le même succès à Loane, mais pas le même destin.
Last Christmas, I gave you my heart
But the very next day, you gave it away.
This year, to save me from tears
I'll give it to someone special, special.
Je ne sais plus quand exactement ça m'a pris. Il y a trois ans, peut-être quatre, y a un siècle, y a une éternité.
Je me suis retrouvé dans l'appartement des copains d'un christmasphobe notoire, certainement pour boire un verre ou célébrer une soutenance de thèse. Tout était parfait, l'ambiance, les petits fours à base de figues faits sur le pouce, les bulles, la décoration... Tout hurlait bobo, mais pour moi, ce n'était pas une injure. J'étais parfaitement à l'aise. Et puis je l'ai vu : la lampe Habitat en forme de sapin de Noël. Je crois bien que j'ai hurlé "j'laveuuuuuux". Heureusement, c'était juste dans ma tête. Personne n'avait remarqué mon coup de foudre. Mais je savais que j'avais viré de bord : j'étais devenu amoureux de Noël.
J'ai déjà montré des signes ces derniers temps, mais aujourd'hui quand on me pose la question, je ne rougis plus, je n'élude plus, j'assume, je fais mon coming out : j'ai l'esprit de Noël.
J'adore cette période. Il y a plein de cadeaux à faire, à se faire, j'adore gambader dans les rues éclairées par des décorations électriques, je peux faire de gros détours pour errer dans des galeries marchandes couvertes de guirlandes et de boules de Noël. Je pense tout le temps au repas du 24 et j'ai envie d'en faire plein : faux Noël au travail, faux Noël avec les amis, sans compter évidemment la famille. Il y a deux ans, c'est moi qui ai organisé le réveillon du 24 et que même j'ai confectionné une bûche (from scratch) en sifflotant "Last Christmas". Je sais, ça peut faire peur.
Si je n'étais pas aussi débordé par le travail, j'aurais déjà installé un sapin dans mon salon. Problème, je suis super chiant pour la déco, je n'ai pas encore trouvé les guirlandes de mes rêves. L'année prochaine, je me prépare un rétroplanning dès Novembre pour ça. Ça craint hein ? Non, c'est merveilleux. J'en suis arrivé au point que je gueule après les restaus et les magasins qui ne décorent pas leur devanture. Bouh, vilains !! Et quand je passe devant la fenêtre d'un appartement où trône une guirlande électrique, même pourrie, je m'arrête et je prends un air idiot. December will be magic again.
Mais il ne faut pas s'inquiéter pour autant. Je ne supporte toujours pas la musique de Noël, même les reprises improbables de Mariah Carey, et je ne peux toujours pas voir plus de trois minute de n'importe quel épisode de Sissi. Il y a une limite à tout.
En ces temps magiques de fin d'année, je ne saurais trop vous conseiller que d'écouter un petit feuilleton radio sur les héroïnes de contes de fées... 20 ans plus tard. Ça s'appelle "Elles se marièrent et eurent beaucoup d'emmerdes", c'est écrit par une bonne amie (qui écrit également sur la série "Fais pas çi Fais pas ça", c'est dire si c'est recommandable) et ça passe du 12 au 16 décembre sur France Culture à 11h50 (c'est podcastable).
La soirée a commencé avec une chorégraphie de toutes les Miss régionales sur fond de "Spacer" et là l'angoisse : ils vont quand même pas nous ressortir Sheila ? En fait non, c'est juste la version instrumentale. Et le début d'un cycle Nile Rodgers (on aura droit à Diana Ross et Chic) donc le signe d'une bonne soirée : y a une folle de 45 ans dans la prod, on sera pas déçu.
Sauf que dès ce premier défilé, c'est la consternation : heu c'est quoi ces moches ? Déjà je commence à m'époumonner alors que je n'en suis à ma première gorgée de vin : "Miss Lorraine est large !", "Bretagne est bigleuse !" et des contestations implacables : toutes les filles en Corse sont sublimes et ils ont choisi une sorte de Daniela Lumbroso du pauvre. Incompréhension. Tout comme cette phrase improbable que je sortirai plusieurs fois, l'air grave "Geneviève n'aurait jamais accepté ça". Ouais.
Puis arrive Alain Delon sur un instru pourrave de "Borsalino" (quelle fin de carrière) avant Francis Huster qui descend l'escalier comme un crabe (problème de hanche déjà ?).
Ensuite, commence la rapide présentation des Miss. Toujours le même scénario. Ça commence par le moment où elles ont été couronnées dans leurs régions respectives. Trois réponses possibles : "je n'y ai pas cru", "j'ai pleuré toutes les larmes de mon coeur", "j'ai pensé à ma maman". Puis on les voit parler de leurs métiers, et évoquer leurs ambitions que quand elles seront Miss, tout en courant une rose dans les dents ou en jouant à cache-cache derrière un mur avec les cheveux qui virevoltent dans le vent. C'est toujours parfaitement niais et surtout l'occasion de balancer les pires commentaires misogynes sur leur physique. Cette année, une tendance s'est dessinée : jambes interminables, dents pourries. Un vrai problème de dentition. Il y a aussi les gros nez (Miss Nord Pas-de-Calais), les fonds de tiroir (Miss St Pierre et Miquelon - en même temps elles doivent être quatre en tout là-bas), les passions absurdes (la GRS pour Miss Orléanais), les gros problèmes de eye-liner (Miss Bretagne)... Et puis plus ça va, plus c'est n'importe quoi, que ce soit le front piste d'atterrissage de Miss Mayotte, les 35 ans bien tassés de Miss Rhône Alpes, les yeux chelous de Miss Pays de Loire, l'ado polonaise à peine pubère qu'est Miss Centre, et l'accent de réfugiée de Miss Tahiti.
Entre autres commentaires :
Miss Poitou-Charentes (aussi appelée Miss tête de souris) "Je suis un peu boudeuse" - moi : "et un peu boudin aussi !".
Miss Limousin : "oh la vache !" (oui je sais, je suis lamentable)
Miss Lorraine : "Elle y peut rien, elle vient de Sarreguemines"
Miss Champagne : "pétillante !" (là j'en étais à mon deuxième verre)
Les petits numéros vaguement dansés se multiplient avec des tenues vestimentaires follement originales : Lara Croft, Wonder Woman (sans les bracelets - virez-moi la costumière d'Endemol !), Sissi... Sans oublier les incontournables tenues folkloriques. Et là un truc hallucinant : elles dansent façon poupées mécaniques. Ouais.
C'est l'heure du Top 12. Moi j'en ai sélectionné que sept ou huit dont ma préférée Miss Alsace, couronnée direct de 3 étoiles. Ouf elle est sélectionnée ! Tout comme, entre autres, Miss Côte d'Azur (WTF ??), Miss Réunion (hello ?), Miss Bretagne (là je hurle au scandale). Et finalement, ma préférée gagne ! Avec ma comparse, on se regarde le documentaire sur les vieilles Miss, avant de se finir à la main sur la Walkyrie du philharmonique de Berlin (sur la 3, pas Tf1). Une chouette soirée quoi.
Mais bon, suis un peu déçu par l'aspect que je préfère dans cette élection d'un autre âge : les noms pourris des Miss. Cette année, plein de noms hyper classiques (Sophie Martin, Marie Payet, Sophie Duval... on croirait des noms d'héroïnes d'unitaires TF1) mais quelques perles quand même :
Autre grosse déception : le concours concurrent de la Fontenay est passé quasi inaperçu. Un truc encore fait à la va-vite, sans site internet comme l'année dernière (qui était fabuleux tellement c'était raté) mais un nouveau nom : exit Miss Nationale, place à Miss Prestige National. Ce sera quoi l'année prochaine ? Miss Hexagone ? Miss Gaule ?
J'ai déjà hâte.
Oui, oui, je sais, je sais, je n'écris plus sur ce blog.
Une seule raison à ça : je ne travaille pas chez moi en ce moment. Par conséquent, plus moyen de remplir en toute impunité mon blog de posts parfaitement futiles histoire de ne pas bosser.
Car en ce moment, j'ai un boulot, un vrai. Oui Madame ! Du lundi au vendredi (sauf RTT), de 9 à 18 h, avec transports dans le métro aux heures de pointe, discussions entre collègues autour de la machine à café, gros débats sur le choix du restau pour le déjeuner, salle de réunion avec néons blafards, et tout le tintouin. J'abandonne le look jeans pantoufles pour (parfois) porter une belle veste et me raser régulièrement. Tout un nouveau monde s'ouvre à moi !
Le projet est super, toujours pour la télévision, avec des délais ahurissants. En plus, j'ai des responsabilités. Oui Madame ! Ma mère est trop fière. C'est passionnant mais très prenant.
Du coup, j'ai pas trop le temps ni l'énergie à consacrer à mes autres projets : mon roman, mon film, ma pièce. Et puis ce blog.
Je n'ai également plus trop le temps d'aller au cinéma. Toujours pas vu le Donzelli, le Bonnello, mais aussi les films dont tout le monde parle, que ce soit "Intouchables" (qui me fait un peu peur mais bon...), ou "Polisse".
Mais ce week-end, une exception, enfin !
J'ai vu "Tintin" au Grand Rex, en vf, samedi après-midi, avec plein de gamins autour de moi. Et je me suis vraiment éclaté. J'étais un peu craintif de la technique motion capture mais en fait, passées les réticences du début, on s'y habitue très vite. Et c'est très beau. Moi qui n'aime pas spécialement le cinéma de Spielberg, j'ai marché du début à la fin. C'est un vrai film de gosse, avec pas mal de références à Hitchcock, à des blockbusters du type "Pirates des Caraïbes" et surtout au cinéma de Spielberg himself : "Indiana Jones" bien sûr mais aussi "Les Dents de la mer", l'ambiance lugubre de "La Guerre des mondes" et certainement d'autres films encore. Et puis y a la Castafiore. J'aurais juré qu'elle allait être "interprétée" par Bette Midler. Hélas non. Perso, mon personnage préféré reste Milou. De toute façon dans ce genre de films, je m'identifie toujours plus aux acolytes qu'aux héros : je suis plus Legolas que Frodon, plus D2-R2 que Luke Skywalker.
Plus le temps de procrastiner en ce moment, mais MAIS je garde toujours un peu de temps pour dénicher de nouvelles photos improbables de Kiki Lagarde.
Ma dernière trouvaille :
Bon allez zou, je retourne au cinéma : "Habemus Papam" stasera !
Hier mercredi, j'avais le choix entre plein de nouveaux films ("Drive", "Skylab" et même - j'ai un peu honte - "Bienvenue à bord") et les films en retard (le Bonnello, le Donzelli) mais hier c'était également le retour du meilleur film de Jean-Paul Rappeneau en version restaurée "Le Sauvage". Alors no hesitation, vamos au Nouveau Latina et enjoy.
Il faut dire que "Le Sauvage" est l'un de mes films préférés, un film du dimanche soir, que j'ai découvert sur TF1. Je me souviens encore parfaitement où je me trouvais. C'était à Montpellier, dans l'appartement situé 48 boulevard des arceaux. Je devais être affalé sur le tapis en laine blanche bouclée, juste au dessous du fauteuil en cuir italien hyper design où ma mère s'asseyait pour tricoter à toute vitesse d'improbables pulls norvégiens tout en fumant des gauloises et sirotant parfois un verre de Johnny Walker que j'allais lui chercher, bon fils, à l'Unico au coin de la rue. Depuis, ma mère a arrêté de fumer et Unico s'appelle désormais Marché U.
Je me souviens que ce soir-là, sur ce tapis, je me gondolais en regardant ce film qui suivait le schéma classique des comédies américaines (que je ne connaissais pas encore) : le misanthrope et l'emmerdeuse. C'est la comédie française parfaite, écrite au cordeau, sans temps morts, bien jouée, bien réalisée, avec une Deneuve impeccable (mais je dis souvent ça d'elle) et un Yves Montand encore plus mieux que dans "Le Diable par la queue". Il bougonne, wants to be alon, elle parle comme une mitraillette et pose tout le temps des questions. C'est un peu "L'Ours et la Poupée" sauf que contrairement au film de Michel Deville, "Le Sauvage" n'a pas pris une ride. Pas une. Un modèle du genre.
Hier en la revoyant pour la première fois sur grand écran, deux choses m'ont frappé : d'abord la musique de Michel Legrand, que je trouvais jusque là anecdotique, se révèle être en fait l'une de ses plus belles compositions (le fait que personne ne chante doit certainement jouer). Et puis, cette émotion sous-jacente, quelque part entre le regret, les mauvais choix et la peur panique de louper l'amour. Comédie légère, d'aventures, enlevée, sur des sujets graves. Si un jour, j'arrive à écrire un truc pareil, je crois que je pourrais dormir tranquille.
Mais c'est surtout drôle, parce qu'ils n'arrêtent pas de se foutre sur la gueule.
Oups. Kim Wilde a sorti un nouvel album il y a un mois et j'ai oublié d'en parler. Je manque à tous mes devoirs. Il faut rester loyal avec ses idoles d'adolescence, mais pas trop en parler non plus parce que 1) you show your age et 2) ça saoule tout le monde. Mais c'est pas une raison pour faire comme si on les connaissait plus. Heureusement j'ai ce petit blog pour accomplir mon devoir d'ex fan transi mais toujours un peu reconnaissant. C'est sûr que si j'étais fan de Madonna, ce serait plus simple mais bon, j'assume (à peu près). Et puis de toute façon, là, Madonna, comment dire ? C'est quand la dernière fois qu'elle a fait un truc potable, à part ses joues ? (ouh il est jaloux)
Alors donc voilà, un an après le très rock "Come out and play", l'ex-fan des eighties sort encore un nouveau disque (le troisième depuis 2006). Cette fois-ci, il s'agit d'un album 100% reprises, que des covers. Un exercice de style, un genre auquel se sont adonnés pas mal d'artistes, souvent des has been ou d'autres qui manquaient d'inspiration ou de fric (et souvent, soyons honnêtes, des deux). Donc pas un truc révolutionnaire mais c'est toujours mieux qu'un album de chansons de Noël ou un Unplugged (ah... les années 90...). Bref, c'est mieux que rien et dans le cas de Kim Wilde, ce petit projet sans prétentions s'appelle "Snapshots" et c'est plutôt pas mal. Elle a ainsi revisité pas mal de chansons de son enfance à aujourd'hui, avec toutefois un fort accent autour de sa décade prodigieuse, les années 80.
Evidemment, c'est inégal, que ce soit le choix des chansons ou même la production, mais ça marche plutôt bien, et pour les 30 - 40 ans, y a un petit côté flash-back pas désagréable, voire émouvant. On se rappelle de telle chanson, où l'on était à cette époque, avec qui, c'est comme des petits instantanés de vie.
Voici la tracklist de cet album, bonus iTunes compris, par ordre chronologique des chansons originelles. Que des tubes, à une exception ou deux près, avec des traitements très différents, de la pop au bon vieux rock en passant par le disco et même le trip hop (ou plutôt le trip pop).
"Kooks"
Alors vite fait, mes préférées : "Just what I needed" où sa voix est grave comme du temps de "Kids in America", "A little respect", "Wonderful Life" (alors que j'ai toujours détesté ce morceau), le très "cambodien" "To France" ainsi que le single "Sleeping Satellite".
C'était plutôt bien ce deuxième débat des candidats à la primaire socialiste, intéressant, pas trop mal mené, musclé juste ce qu'il faut. Dommage que l'horaire fusse aussi pourri. Qui regarde la télé à 18h10 ? Qui peut rester bloqué devant son petit écran jusqu'à 20h40 alors qu'il y a la bouffe à faire, le bain à donner, le repas à donner et le feuilleton à regarder ? Oups, j'ai oublié, je ne suis pas une ménagère de moins de 50 ans, pardon désormais on dit "la décideuse d'achat de moins de 50 ans". Donc j'ai suivi de près et de loin ce deuxième débat sur Itélé.
Il y a cinq ans, au moment des primaires du PS pour 2007, j'avais suivi les débats sur LCP ou Public Sénat je sais plus. A l'époque, c'était Ségolène Royal qui concourrait avant de battre à plates coutures ses adversaires, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Depuis, le premier a quitté Carla Bruni et le deuxième est devenu l'obsédé sexuel le plus célèbre de la planète. Ségo est toujours là, elle l'avait dit "i will survive", elle l'a fait. Mais en face d'elle, ils sont désormais cinq et pas des moindres.
C'est marrant, mais ce petit groupe de socialistes, bien polis entre eux, gentils, pleins d'enthousiasme, et surtout UNIS, me font de plus en plus penser à un autre groupe :
Le Club des Cinq ! The Famous Five en version originale.
Pour les moins de... (hum), "Le Club des Cinq" est une série de bouquins (puis une série télé) écrite par Enid Blyton (celle qui a entre autres créé "Yo Yo" heu pardon "Oui Oui") sur deux frères, une soeur, leur cousine et son chien, tous entre dix et treize ans et à qui il arrive plein d'aventures. C'est un peu la version années 40 et britannique de "Scoubidou" sans les trains fantômes ni les hologrammes. Eh bien voilà, "Les Candidats à la primaire", c'est le club des Cinq années 2010.
Pour le vérifier, c'est simple, il suffit de copier-coller les descriptions des personnages de wikipedia et de les appliquer aux cinq socialistes. Je ne compte pas Jean-Michel Baylet, qui est juste un personnage secondaire, un "local" comme on dit poliment.
Donc ça nous donne...
Dans le rôle de "François"... François Hollande !
"L'aîné des enfants. Très raisonnable pour ses treize ans, il est responsable de son frère, de sa sœur et de sa cousine. Mais c'est Claude le vrai chef du Club... et elle n'en fait qu'à sa tête ! Il est grand et fort, prudent et sérieux. Il pense à tout, mais il est parfois un peu "lourd" pour ses cadets avec ses recommandations... Il est pessimiste et n'a pas beaucoup de patience !"
Michel dit "Mick"... Arnaud Montebourg !
"Il fait souvent équipe avec sa cousine Claude du même âge que lui. Petit et malin, il taquine toujours tout le monde sur tout : Claude sur son prénom et son attitude masculine, François sur sa prudence exagérée et sa gourmandise (en fait, c'est lui, Mick, le plus gourmand... après Dagobert !), et Annie sur sa taille et sa timidité. Mais il sait être courageux et réfléchi quand il le faut. Il est très optimiste et malin, mais casse-cou. C'est un incorrigible gourmand et il est vite insupportable avec ses blagues incessantes."
Ségolène Royal est... Annie !
"Du haut de ses « presque 10 ans », c'est la plus petite. Mick et Claude la traitent souvent de "bébé". Claude trouve Annie trop "fifille" et froussarde, Annie trouve Claude trop intrépide et garçon manqué. Mais elles s'entendent bien. Très douce et très timide, elle est cependant très maligne et quand elle est en colère, elle devient redoutable ! Elle surgit dans l'action au moment où l'on s'y attend le moins pour sauver ses amis en danger. Elle aime être la ménagère et la cuisinière du groupe."
Quant à Claudine alias Claude... Martine Aubry !
"Elle a onze ans et ne répond que si on l'appelle « Claude » car elle n'aime pas son prénom qu'elle trouve trop "fille". C'est un vrai garçon manqué. Elle fait tout comme les garçons, elle est imbattable en sport et n'a peur de rien. Elle possède une île qui lui vient de la famille de sa mère par héritage (c'est le domaine des Cinq et ils y vont souvent camper). Elle adore son chien Dagobert et l'emmène partout, même dans son collège. Elle ferait n'importe quoi pour lui. On la prend toujours pour le frère de Mick... à son plus grand plaisir ! C'est le chef du groupe. Elle est très généreuse et ne ment jamais, mais elle a un caractère impossible ! Elle a toujours des idées très farfelues, et elle s'y tient, même si ses cousins lui répètent que c'est impossible... Jusqu'à ce qu'ils découvrent qu'elle a quand même raison ! Elle n'en fait qu'à sa tête et n'obéit qu'à son instinct. Elle refuse de se comporter comme devrait le faire une fille et proclame son égalité avec les deux garçons du groupe. Même si, parfois, ses compagnons réprouvent son comportement, elle tient bon."
Et... et... Manuel Valls est... Dagobert !
"C'est le chien de Claude. Il l'adore et il ne la quitte jamais (même dans son collège) et il pourrait mourir pour elle. Son nom est souvent écourté en « Dag » ou « Dago ». Ce n'est pas un chien de race, mais il est bien plus intelligent que n'importe lequel d'entre eux ! Il sait monter la garde, suivre une piste, effrayer les bandits, mais il peut aussi être calme, doux, joueur. Un chien parfait, selon Claude ! Mais il ignore le danger des armes... Sans lui le club des Cinq ne serait rien."
Ce qui est fou, c'est qu'à l'époque, mon personnage préféré était Annie, parce qu'elle était un peu looseuse, nunuche, et que cette salope de Claude, fantasme à peine crypto pour petites lesbiennes en devenir, lui volait toujours la vedette tout en la méprisant un peu. J'ai toujours été du côté des plus faibles et des plus empotés.
Mais pas en politique, faut pas, faut plus déconner.
Ce week-end, petite pause ciné entre deux séquences : "Looking for Mr Goodbar", de Richard Brooks, un film un peu oublié, qui n'existe qu'en VHS (autrement dit, introuvable), pourtant un classique des années 70. C'est un peu l'équivalent féminin de "Midnight Cowboy" voire de "Cruising". L'histoire vraie d'une professeur bien sous tous rapports, qui enseigne auprès d'enfants sourds et muets le jour, et qui écume les bars la nuit. L'héroïne, Theresa Nunn, jouée par Diane Keaton est au départ une chic fille, bien qu'un peu névrosée. En l'espace d'une année (soit entre Noël 75 et le 1er janvier 1977), elle va doucement mais sûrement partir en vrille.
Il faut dire qu'on est à San Francisco, où tout est permis. Alors elle fume, elle boit, elle couche, elle cause, elle prend des drogues, elle va dans des boîtes gays, ne fait plus la vaisselle, néglige son boulot. Bref, elle s'éclate et elle a bien raison. Une vraie libération.
Sauf que pour les mecs qu'elle croise, ça passe moins bien. Il y a son premier amant, un homme marié. Puis Richard Gere, une sorte de micheton d'origine italienne, évidemment jaloux et cocaïnomane. Gere n'est pas très bon (l'a-t-il jamais été ?) mais il fait des pompes en jock strap sur l'air de "Could it be magic?" de Donna Summer. Et ça, ça m'émeut profondément.
Il y a comme ça deux trois autres hommes qui voudraient à leur tour emprisonner Theresa. Mais elle est libre et envoie chier tout le monde, entre un verre de rouge et le pétard du soir. Le dernier homme, incarné par Tom Berenger, assume encore moins bien ces années d'émancipation sexuelle. Les cinq dernières minutes sont violentes, tragiques, scotchantes. Le film est sorti en 77, quelques mois après "Annie Hall", pour lequel Diane Keaton gagna l'Oscar. Mais pour moi, "Goodbar" est son plus beau rôle, loin des comédies "sympas" dont elle s'est faite ensuite la spécialité.
Oui, oui, oui, c'est septembre, c'est la rentrée et c'est hardcore.
Plus le temps de flâner, de profiter des beaux rayons de soleil parisiens, de rattraper les films en retard, plus le temps de chanter, ni même de danser (sauf le samedi soir parce que c'est ma règle d'or à moi). Deadlines, échéances, devoirs à rendre, on appelle ça comme on veut mais c'est bien réel : faut bosser. Et là oui, je work hard for the money. D'autant plus que ma comparse d'écriture s'en est allée faire çi et faire ça, et que le taf c'est quand même mieux à deux. Donc c'est un petit peu laborieux et j'ai parfois l'impression d'accoucher d'une cathédrale (en fait des dialogues pour une série télé, mi polar mi comédie).
Je suppose que ça doit faire ça à tout le monde. Les mois de septembre sont meurtriers. C'est comme les 1ers janviers, ça ne devrait pas exister tellement c'est exténuant. Mais c'est une bonne fatigue.
Après la télé, je me remets à la radio, c'est sûr ! L'expérience des "Bonnes résolutions" m'a tellement plu. J'ai reçu le CD la semaine dernière. Y a des défauts ici et là, un ou deux acteurs qui a moyennement assuré, c'est un petit truc, sans prétentions mais ça me ressemble et j'en suis fier. Oui je sais, je suis parfois tellement orgueilleux. Là aussi, j'y travaille, j'y travaille.
Septembre, c'est aussi la période où les jolies histoires d'été, tout comme le bronzage et les salades à la feta, s'évanouissent. C'est comme ça.
Je n'ai plus trop le temps de lire ou d'aller au cinéma mais surfer oui, toujours un peu. Souvent pour me documenter (par exemple, j'ai passé l'après-midi à regarder des reportages de "Turbo" sur YouTube, super) mais aussi pour glaner des informations farpaitement inutiles ou dénicher des photos impossibles comme celle-ci.
Isabelle Huppert sur le plateau d'Arthur. Ouais carrément. Je devine l'interview complètement foireuse avec Zaza, répondant à peine, arborant un inquiétant sourire figé ne montrant aucune dent. On l'imagine aisément se répéter intérieurement "j'ai quand même pas tourné avec Chéreau et Hanecke pour en arriver là !" puis "comment vais-je torturer mon agent...". Diffusion le 1er octobre.
" ...j'avais un rendez-vous, rendez-vous avec vous... "
"Les Bien-aimés" de Christophe Honoré. Hmmm. Pas simple. Etant habitué avec Honoré aux coups de foudre immédiats ("Les Chansons d'amour", "La Belle personne") ou plus lents ("Homme au bain", "Dans Paris"), j'ai voulu prendre mon temps avant d'avoir un avis sur ce film. Cinq jours plus tard, je ne sais toujours pas quoi en penser.
C'est un peu comme une rencontre avec un homme a priori charmant à tous les niveaux, mais qui commettrait lors du premier rendez-vous des faux pas ahurissants. L'attirance reste forte mais on se dit "c'est pas possible, quel con !". On s'en voudrait de l'aimer et inversement. La raison. Le coeur. L’attirance. Le rejet. Pas simple.
"Les Bien-aimés" n'est certainement pas un film aimable. Le début est lent et agaçant. Bon ça, je savais grâce au début des "Chansons d'Amour" (et de « Dans Paris ») que ça ne voulait rien dire. Et comme le film dure 2h20, forcément on a le droit de prendre son temps pour rentrer dans l'histoire. C'est toujours Ludivine Sagnier qui s'y colle, qui essuie les plâtres. Elle est sympa quand même. Le début est très guilleret, trop, avec plein de couleurs et de références aux « Parapluies de Cherbourg » bien sûr mais surtout à Truffaut : "L'Homme qui aimait les femmes" of course, et à mes yeux "Baisers volés". Premiers grincements de dents lors des chansons d'Alex Beaupain. C'était juste parfait dans les "Chansons". Là... Je sais pas, on s'en fout un peu, on pourrait s'en passer. Heureusement commence un trouble en voyant la prestation de Sagnier qui joue Deneuve jeune, et qui l'interprète au lieu de l'imiter façon Edith Cotillard. La scène du billard est magnifique, on dirait une photo de Richard Avedon.
Puis le film fait un bond jusqu'en 1978. Je me suis rendu compte que j'étais pas dans le film quand je passais mon temps à repérer les anachronismes (peu nombreux heureusement). Puis 1998. Où Deneuve reprend enfin son rôle et Chiara Mastroianni fait sa vraie apparition et tombe amoureuse d'un musicien américain à Londres. C'est là que ça coince grave. OK j’ai bien compris que le personnage de Henderson était un gros clin d’œil à Morrissey, mais cette histoire d’amour impossible entre Chiara et ce gros pédé antipathique aux tatouages pourris, ben non désolé je marche pas. Je déteste ce mec. En fait, j’ai fait un blocage. Alors oui, il y a des scènes superbes, souvent drôles (la scène de drague à Londres), Deneuve est géniale, drôle émouvante et passe ici un nouveau cap dans sa filmo, Chiara parfaite aussi, Loulou est super chou en amoureux inconsolable. Mais voilà je me suis surpris à regarder l’heure, à avoir envie d’arrêter ce rendez-vous amoureux un peu raté, de cet homme qui en faisait un peu trop pour m'impressionner. Et puis la fin, les dix dernières minutes sont magnifiques, mes larmes ont coulé sur ma joue droite sans s’arrêter. Cueilli. Allez c'est fini.
Qu'est-ce que je fais maintenant ? Jje ne sais plus, j’aime, j’aime pas, je veux continuer, je veux arrêter, oui mais non. Peut-être une deuxième chance, un autre soir ?
Et sinon, on est le 1er septembre et je n'ai pas du tout envie de repartir en vacances. PAS DU TOUT. NON.
Il fait beau à Paris, j'ai plein de trucs à écrire, plein de kilomètres à courir, plein de sous à gagner avant de reprendre un avion pour aller "somewhere".
Et voilà, vacances terminées. Evidemment, je suis rentré plus fatigué que je ne l'étais à mon départ, foutu décalage horaire. Mais pendant le séjour, j'étais en mode détendu-intelligent-équilibré. Enfin, surtout détendu, parce que l'intelligence bon hein en vacances, ça ne veut rien dire ; et c'était pas vraiment équilibré : cocktails et hamburgers à gogo. Un désastre.
J'ai fait le plein d'air, de maisons victoriennes, de séquoias géants, de mouettes agressives, d'otaries avachies, d'écureuils stressés, d'émissions sur bravo (best tv channel ever !), de touristes européens pénibles, de touristes américains empotés. Et de rencontres, amicales ou plus si affinités. Notamment, un adorable Iranien né dans les années Reagan, originaire de Dallas, TX et vendeur de fringues italiennes. Pour rester trivial, je dirais que je me le suis farsi ha ha. Hum.
Dix-sept jours merveilleux qui ont connu un épilogue un peu douloureux à peine installé dans le gros navion du retour (l'airbus 380, une merveille) : feuilletant la presse parisienne, j'ai encaissé deux chocs. Tout d'abord la mort de Raoul Ruiz. Fait chier. Puis, dans Paris Match, je suis tombé sur une photo d'Alain Juppé en vacances, torse nu. On m'aurait poussé dans la baie, avec mon sac de 25 kilos, ç'aurait été moins brutal.
Mais très vite, je suis remonté sur mon beau nuage. Deux jours après mon atterrissage, je suis allé assister à l'enregistrement de mon petit feuilleton (voir post précédent). C'est ma première fiction pour la radio et ça a dépassé toutes mes espérances. Tout d'abord, à l'écriture, j'ai eu une paix royale et carte blanche absolue. Ensuite, le réal a parfaitement compris mon histoire. J'ai rarement vu quelqu'un aussi concentré sur les intentions de jeu, aussi bon directeur d'acteurs, précis et cool à la fois. La technique, juste impeccable. Ils entendaient tout, ne laissaient rien passer, dès qu'il y avait un truc qui n'allait pas, ils reprenaient. Pas du tout l'image de technicos fonctionnaires qui regardent l'heure.
Les acteurs enfin, tous entre 25 et 30 ans, qu'on devine courant le cachet mais (a priori) contents d'être là, motivés et, comme tous les autres, totalement dévoués et fidèles au texte. Au début, quand il y avait une coquille ou une mauvaise interprétation d'un dialogue, j'osais rien dire. Mais ils étaient hyper à l'écoute, et toujours prets à changer une intonation pour coller au mieux à ce que j'avais en tête. L'hallu totale. L'auteur roi en somme. Et tout ça dans une ambiance détendue, tout le monde se marrait. Tout avait été mis en oeuvre pour qu'on transpose parfaitement en son mes petites conneries. Ça devrait être comme ça tout le temps et pourtant, en ce qui me concerne, c'est bien la première fois où tout s'est passé de façon idyllique. Oui parce qu'à la télé, au cinéma, c'est un peu plus compliqué pour le scénariste... Mais il faut remettre dans le contexte : il s'agit de France Culture, ça sera diffusé le matin à 11h50, les enjeux financiers sont absolument ridicules. N'empeche, quel pied ! Diffusion courant septembre, normalement.
Evidemment, après une telle expérience, ça va être un peu dur de revenir à la réalité de la fiction télé. Hum.
Je sens que je vais être désormais pauvre. Mais épanoui. Mais pauvre. Mais épanoui.
Toujours en vacances officiellement, mais ça y est, le démon de la plume me reprend. Get away from me stylo bic noir ! Just leave me alone you clavier azerty !! Je ne veux penser à rien, pas de boulot, pas de projets, pas de deadlines non, non, non.
Hum.
Forcément le grand air de San Francisco ça permet d'inspirer. Alors oui, les nouvelles idées débarquent, les envies reprennent du poil de la bête. Quand on part au loin, on fait le point, on réfléchit à la rentrée et on prend de bonnes résolutions.
Ah tiens, hop hop, quelle transition (parfois, je me dis "quel génie" - juste parfois) : "Les Bonnes Résolutions" c'est le titre du petit feuilleton radio que j'ai écrit (cinq épisodes de six sept minutes) et qui va être enregistré la semaine prochaine, dans les studios de France Culture, no less !
Le réalisateur vient de m'envoyer la distribution. Carrément prometteuse.
Sont beaux hein, mes petits personnages ? Ah oui en fait, c'est de la radio, je suis con parfois (juste parfois). Mais sont beaux quand même. J'suis dans tous mes états : la radio, c'est une passion de gamin, je voulais créer une radio libre.
Il en manque deux trois. Dans l'ordre, il s'agit de Solène Bouton, Thibault Vinçon, Grégory Quidel, Arnaud Valois, Anne Cantineau et Sidonie Laurens.
Voilà, a priori ça devrait être diffusé assez rapidement. Fin août, début septembre ?